Une matinée bien amère, sous la pluie, mais animée d’une seule et même flamme, celle du souvenir de ces milliers d’hommes fuyant leur pays et, malheureusement, pour beaucoup d’entre eux, venir mourir sur les plages de notre commune… dans des campements de fortune, parqués, sur la zone du Lido actuel.

Sur quelques notes de l’Estaca, une marche « obéissante » et digne, mais dont l’esprit reflétait bien toute l’amertume de ses participants, face aux décisions de la majorité municipale.

Refuser l’apposition de cette plaque commémorative, sous des prétextes fallacieux, démontre encore une fois la préoccupation essentielle des élus majoritaires : surfer dans un monde d’apparence et de fête, au mépris des évènements qui font l’histoire de notre commune et construisent notre mémoire collective!

Unanimité des participants dans leurs réflexions, leurs réactions, pendant le discours hésitant de l’élu, chargé de la délicate mission de faire passer l’inacceptable à toutes ces familles marquées à jamais par ces évènements douloureux.

Entre huées, sifflements, et des « La plaque ! » on pouvait entendre certains anciens s’exprimer en catalan entre eux… et pas avec le dos de la cuillère : « Aquell F. val la pena res » .

D’autres ont bien mis l’accent sur les difficultés et leur ras-le-bol à devoir toujours négocier dans le sens imposé par la Mairie, au mépris de la réalité historique.

Certaines phrases : « Quoiqu’il en soit, nous ne perdons pas notre liberté ! Nous sommes libres et l’on se comprend tous ici », phrases assassines montrant bien la volonté de se démarquer de l’attitude, directives et dispositions imposées par la municipalité du Barcarès.

Municipalité qui se réserve le droit (selon le texte lu par le missionné du jour, sous ce minable point de chute imposé, qu’était ce chapiteau de foire, secoué par la Tramontane) de décider sans ambages, quand, où, comment et quel type de plaque sera apposé… Sans nul doute, lors d’une cérémonie où le faste sera de rigueur, et où les intéressés, à leur habitude sauront tirer la couverture à eux.

Plaque refusée par la municipalité

Quant au devoir de mémoire, dont certains membres de l’équipe municipale se font les porte-paroles, il est réduit à sa plus simple expression, car il oblitère des faits historiques, pourtant confortés par les documents administratifs de cette époque.

Entendu : « Le devoir de mémoire s’impose, certes, mais le respect de l’histoire, de la réalité des faits, des évènements ne doit pas être occulté : il s’agissait bien d’un camp de concentration ».

Par un souci évident d’apparence et pour préserver l’image touristique de notre commune, d’un lieu où « Tout le monde il beau, tout le monde il est gentil », l’image d’un « Barcarès connu pour être « la fête le jour, la fête la nuit », la mairie, avec ses oeillères habituelles a « confondu » camp de concentration et camp d’extermination

Vue aérienne du camp du Barcarès

Alors laissez l’histoire aux historiens, les documents aux spécialistes de cette époque… et arrêtez s’il vous plait, de jouer les apprentis en la matière. L’amateurisme n’a jamais donné une bonne opinion en quelques domaines que ce soit !

                       

L’Estaca (refrain) 

Si estirem tots, ella caurà

Si nous tirons tous, il tombera

I molt de temps no pot durar

Cela ne peut durer plus longtemps

Segur que tomba, tomba, tomba

C’est sûr il tombera, tombera, tombera

Ben corcada deu ser ja.

Bien vermoulu il doît être déjà.

Si tu l’estires fort per acqui

Si tu le tires fort par ici

I jo l’estiro fort per alla

Et que je le tire fort par là

Segur que tomba, tomba, tomba,

C’est sûr, il tombera, tombera, tombera,

I ens podrem alliberar.

Et nous pourrons nous libérer.

 

Article rédigé par Etiennette Bosch-Moreno